Guide pratique: indemnites de licenciements en Belgique

Publié le
21/2/2026
Guide pratique: indemnites de licenciements en Belgique
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En Belgique, lorsqu'un employeur met fin à un contrat de travail sans que l'employé ne preste son préavis, il lui verse une compensation financière : l'indemnité de licenciement. Son rôle est simple mais essentiel : offrir une sécurité financière au travailleur pendant qu'il se cherche un nouvel emploi.

Comprendre les indemnités de licenciement en Belgique

Un homme et une femme discutent à une table devant un drapeau belge et une balance de justice.

La gestion d'une fin de contrat est sans doute l'une des missions les plus délicates pour un responsable RH. Derrière l'aspect humain, souvent difficile, se cache un enjeu juridique et financier majeur pour l'entreprise.

En effet, l'indemnité de licenciement n'est pas une simple formalité administrative. C'est un véritable pilier de notre protection sociale.

Une gestion irréprochable de ces indemnités est donc cruciale. Elle protège l'entreprise de litiges longs et coûteux, tout en garantissant que les droits du travailleur sont scrupuleusement respectés. Une erreur de calcul ou une mauvaise lecture des règles peut vite dégénérer en conflit devant les tribunaux du travail.

L'enjeu stratégique pour les RH

Saisir toutes les subtilités des indemnités de licenciement permet de transformer une procédure qui peut paraître intimidante en un processus RH parfaitement maîtrisé. Cela veut dire savoir naviguer entre les différents contextes et identifier le type d'indemnité qui s'applique à chaque situation.

Pour un manager ou un gestionnaire de paie, cette expertise est fondamentale pour plusieurs raisons :

  • Sécurité juridique : Appliquer correctement la loi et les conventions collectives (CCT) élimine le risque de contestation. C'est la base.
  • Climat social : Gérer les départs de manière transparente et juste, même lorsqu'ils sont contraints, est essentiel pour maintenir la confiance des équipes qui restent.
  • Maîtrise budgétaire : Savoir anticiper le coût précis d'un licenciement permet une bien meilleure planification financière et évite les mauvaises surprises.

Une fin de contrat bien gérée n'est pas qu'une obligation légale. C'est un acte de management fort qui en dit long sur la culture de votre entreprise et le respect qu'elle porte à ses collaborateurs, qu'ils soient passés ou présents.

Ce guide a pour but de vous donner une vision claire et directement exploitable pour gérer ce sujet avec sérénité. En démystifiant les définitions, les méthodes de calcul et les cas particuliers, nous allons poser des bases solides pour sécuriser toutes vos procédures. Vous aurez alors toutes les cartes en main pour gérer chaque départ de manière professionnelle et conforme.

Distinguer les différents types d'indemnités : décryptage

Trois cartes illustrant les aspects légal (livre de loi), conventionnel (cloche de service) et transactionnel (poignée de main avec stylo).

Toutes les indemnités de licenciement ne naissent pas égales. Loin de là. Croire qu’il n'existe qu'un seul type d'indemnité est une erreur classique qui peut vite coûter cher, autant sur le plan financier que juridique. Pour un responsable RH, maîtriser ces nuances est la première étape vers une gestion des départs parfaitement huilée.

En Belgique, on peut classer les indemnités en trois grandes familles. Chacune a son propre terrain de jeu, ses règles et sa raison d'être. Il est donc crucial de savoir les identifier pour comprendre laquelle appliquer, cumuler ou négocier.

L’indemnité légale : le socle de base

C'est le point de départ, le minimum absolu. L'indemnité légale, qu'on appelle aussi indemnité compensatoire de préavis, est due par l'employeur quand il décide de rompre un contrat avec effet immédiat, sans que le travailleur ne preste son préavis.

Le principe est simple : on verse au travailleur l'équivalent financier du préavis qu'il n'a pas pu effectuer. Le montant correspond donc strictement à la rémunération qu'il aurait touchée s'il était resté en poste pendant cette période.

Cette indemnité est un pilier incontournable et obligatoire. La seule véritable exception est le licenciement pour motif grave. S'il est prouvé, il anéantit le droit au préavis et, par conséquent, à cette compensation. Ignorer cette obligation, c'est s'exposer à des sanctions et à des litiges quasi certains.

L’indemnité conventionnelle : la couche sectorielle

Au-dessus du socle légal, il y a les règles du secteur. De nombreux domaines d'activité sont encadrés par des Conventions Collectives de Travail (CCT). Ces accords, fruit de négociations entre les partenaires sociaux, prévoient souvent des conditions de départ plus généreuses que le minimum légal.

L'indemnité conventionnelle vient donc s'ajouter ou remplacer ce que la loi prévoit si elle est plus avantageuse. Elle peut prendre plusieurs formes :

  • Un montant supplémentaire qui s'ajoute à l'indemnité légale.
  • Des calculs plus favorables pour les employés avec une grande ancienneté.
  • Une indemnité de fermeture, spécifiquement prévue en cas de cessation d'activité de l'entreprise.

Par exemple, le secteur de l'Horeca (Commission Paritaire 302) a ses propres CCT qui peuvent inclure des dispositions spécifiques pour les saisonniers ou en cas de restructuration. Il est donc impératif de toujours vérifier les accords en vigueur dans votre secteur.

Une règle d'or pour tout gestionnaire : ne jamais s'arrêter à la législation générale. La CCT qui s'applique à votre entreprise peut changer radicalement la donne, tant sur le calcul que sur vos obligations.

L’indemnité transactionnelle : l'outil de négociation

Contrairement aux deux premières, celle-ci n'a rien d'obligatoire. L'indemnité transactionnelle est le résultat d'une négociation et sert le plus souvent à éteindre un conflit naissant ou à en éviter un.

Prenons un cas concret : un licenciement dont le motif est contesté par l'employé. Pour couper court à une procédure judiciaire longue, coûteuse et incertaine, les deux parties peuvent s'asseoir à la table et signer une transaction. L'employeur verse une somme forfaitaire, et en contrepartie, le travailleur s'engage à ne plus jamais poursuivre l'entreprise pour des faits liés à la rupture de son contrat.

C'est un outil stratégique redoutable pour les RH, car il permet de :

  • Clore un dossier de manière propre et définitive.
  • Maîtriser les coûts en évitant des frais d'avocat et des dommages potentiellement élevés.
  • Garantir la confidentialité et protéger l'image de marque de l'entreprise.

Le montant est entièrement négociable. Tout dépend du contexte, de la solidité du dossier de chaque partie et de leur envie de trouver un terrain d'entente. La rédaction d'une convention de transaction en béton est alors essentielle pour verrouiller juridiquement l'accord.

Maîtriser le calcul de l'indemnité de préavis

Plonger dans le calcul de l'indemnité de licenciement a de quoi intimider. Entre les formules, les variables et les cas particuliers, on a vite l'impression de s'aventurer dans un labyrinthe juridique. Pourtant, une fois qu'on a saisi la mécanique de base, tout le processus devient bien plus clair et simple à gérer.

L'idée ici, c'est de vous prendre par la main. Nous allons décortiquer les calculs étape par étape pour que vous puissiez faire des estimations fiables. Et surtout, nous mettrons en lumière les points de vigilance pour blinder vos procédures RH.

La méthode de calcul générale depuis la réforme

Heureusement, depuis l'harmonisation des statuts entre ouvriers et employés le 1er janvier 2014, le principe de base a été simplifié. L'indemnité compensatoire de préavis, c'est tout simplement la rémunération que votre collaborateur aurait touchée s'il avait travaillé pendant son préavis.

La formule de départ est donc : Rémunération mensuelle brute x Nombre de mois de préavis non presté

Attention, quand on parle de "rémunération", on parle de tout. Pas seulement le salaire fixe. Il faut inclure tous les avantages prévus au contrat : commissions, primes de fin d'année, pécule de vacances, avantages en nature (voiture de société, chèques-repas), etc. Le moindre oubli peut se transformer en réclamation.

Décoder la fameuse formule Claeys

Même si ce n'est pas une loi à proprement parler, la formule Claeys est devenue une référence quasi incontournable devant les tribunaux du travail pour déterminer une indemnité "juste". Elle est surtout utilisée comme un guide pour estimer le préavis des employés engagés avant 2014 dont la rémunération annuelle dépassait un certain seuil.

Elle repose sur un trio de facteurs pour un calcul sur mesure :

  1. L'ancienneté : Logique, plus un employé est là depuis longtemps, plus son préavis s'allonge.
  2. L'âge : On considère qu'un âge plus avancé peut être un frein pour retrouver un emploi.
  3. La rémunération brute : Un salaire élevé justifie une période de transition financière plus confortable.

En Belgique, cette formule sert donc souvent de baromètre pour standardiser les compensations. Pour les salaires inférieurs à 120 000 € brut par an, elle ressemble à ça : (0,87 x ancienneté) + (0,06 x âge) + (0,037 x rémunération annuelle brute x index 2007 / index du mois du licenciement) - 1,45.

Pour les salaires qui dépassent ce seuil, le coefficient lié à la paie est revu à la baisse. Comprendre cette formule, c'est un peu comme anticiper la vision d'un juge en cas de litige. Si le sujet vous intéresse, notre article détaillé sur le calcul du préavis de licenciement devrait vous plaire.

Il faut bien comprendre que la formule Claeys n'est pas une calculette magique à appliquer sans réfléchir. C'est un indicateur, une référence jurisprudentielle solide qui oriente la négociation et, au final, la décision du juge.

Des exemples chiffrés pour y voir plus clair

Rien de tel que des cas pratiques pour démystifier le calcul des indemnites de licenciements.

Exemple 1 : Employé avec 5 ans d'ancienneté

  • Situation : Un employé de 35 ans, 5 ans d'ancienneté, engagé après 2014. Son préavis légal est de 18 semaines.
  • Rémunération : 3 500 € brut par mois, avantages inclus.
  • Calcul de l'indemnité : L'indemnité va couvrir 18 semaines de salaire. On commence par passer le salaire mensuel en salaire hebdomadaire : (3 500 € x 12 mois) / 52 semaines = 807,69 €.
  • Montant total : 18 semaines x 807,69 € = 14 538,42 € brut.

Exemple 2 : Cadre expérimenté (scénario pré-2014)

  • Situation : Une cadre de 50 ans, engagée en 2010 et licenciée aujourd'hui. Sa rémunération est élevée, donc la formule Claeys serait probablement la référence pour un tribunal.
  • Paramètres : 12 ans d'ancienneté, 50 ans, 90 000 € brut annuel.
  • Application Claeys (à titre indicatif) : Le calcul donnerait une estimation du préavis en mois. Cette estimation serait ensuite convertie en euros en se basant sur sa rémunération mensuelle brute complète.

Le cas particulier des ouvriers avec ancienneté avant 2014

Pour les ouvriers engagés avant le 1er janvier 2014, le calcul se corse. On doit appliquer le système du "cliquet", qui se fait en deux temps :

  1. Partie 1 : On calcule le préavis pour l'ancienneté acquise jusqu'au 31 décembre 2013, en utilisant les anciennes règles qui leur étaient spécifiques.
  2. Partie 2 : On calcule ensuite le préavis pour l'ancienneté accumulée depuis le 1er janvier 2014, avec les nouvelles règles unifiées.

L'indemnité finale est tout simplement la somme de ces deux calculs. Vous l'aurez compris, ce double calcul est une source d'erreurs monumentale si on le fait à la main. C'est précisément là qu'un outil RH automatisé prend tout son sens. Une solution comme Shyfter, connectée à votre secrétariat social, sécurise ces calculs complexes et s'assure que chaque variable est bien prise en compte, vous évitant ainsi des erreurs qui peuvent coûter très cher.

Gérer les cas particuliers et les situations complexes

Le calcul standard des indemnités de licenciement couvre la plupart des situations, mais le droit du travail belge est un vrai labyrinthe d'exceptions. Croyez-moi, ignorer ces cas particuliers peut vite transformer une procédure de routine en un véritable casse-tête juridique et financier.

Naviguer dans ces situations demande une vigilance de tous les instants et une connaissance pointue des règles qui s'appliquent. De la faute grave au licenciement économique, chaque scénario a ses propres implications sur le droit à l'indemnité et sur vos obligations d'employeur.

Le licenciement pour faute grave : l'exception à manier avec une extrême prudence

Le licenciement pour faute grave est l'un des rares cas qui prive le travailleur de son indemnité compensatoire de préavis. C'est la "rupture immédiate" par excellence, justifiée par un manquement si sérieux qu'il rend la poursuite du contrat de travail impossible, même pour un seul jour de plus.

Mais ne vous y trompez pas : prouver la faute grave est un exercice périlleux. L'employeur doit respecter une procédure d'une rigueur absolue, souvent surnommée la "règle des trois jours". Concrètement, le licenciement doit être notifié au plus tard le troisième jour ouvrable après avoir eu connaissance des faits.

Le fardeau de la preuve repose entièrement sur l'employeur. Il doit pouvoir démontrer de manière irréfutable que la faute était d'une gravité suffisante. En cas de doute, les tribunaux du travail ont tendance à pencher en faveur du travailleur, requalifiant souvent le licenciement en rupture sans cause réelle et sérieuse. La conséquence ? L'obligation de verser l'indemnité de préavis, et parfois des dommages et intérêts en plus.

En pratique, se lancer dans une procédure pour faute grave doit être une décision mûrement réfléchie. Une contestation est quasi systématique et peut vous coûter bien plus cher qu'un licenciement classique.

Pour y voir plus clair dans les différentes étapes de calcul, cet arbre de décision résume bien les questions clés à se poser, notamment en fonction de l'ancienneté.

Arbre de décision pour le calcul d'indemnité, basé sur l'ancienneté et la formule de calcul.

On voit bien que des éléments comme la date d'embauche (avant ou après 2014) ou le niveau de rémunération sont des carrefours décisifs dans le processus.

Le licenciement économique, individuel ou collectif

Ici, la raison du licenciement n'est pas liée à la personne du travailleur, mais à la situation de l'entreprise : difficultés économiques, réorganisation, changements technologiques... La distinction est fondamentale.

Deux grands scénarios existent :

  1. Le licenciement économique individuel : Il touche un ou plusieurs travailleurs, mais sans atteindre les seuils qui déclenchent un licenciement collectif. La procédure est celle d'un licenciement classique, mais le motif économique doit être en béton et solidement documenté.
  2. Le licenciement collectif (ou "Procédure Renault") : Dès que le nombre de licenciements envisagés atteint certains seuils sur une période de 60 jours, l'entreprise bascule dans la procédure très stricte de la loi Renault. Cela implique des phases d'information et de consultation des représentants du personnel, et la mise en place d'une cellule pour l'emploi.

Dans le cadre d'un licenciement collectif, une indemnité complémentaire de préavis est très souvent négociée et fixée dans une convention collective de travail (CCT) spécifique. Elle s'ajoute alors à l'indemnité légale.

La rupture de commun accord : une négociation pure

Attention, petit point de clarification : la "rupture conventionnelle" à la française n'existe pas telle quelle en Belgique. Chez nous, on parle de "fin de contrat de commun accord". C'est tout simple : les deux parties décident ensemble de mettre un point final à leur collaboration.

Dans ce cas de figure, aucune indemnité légale n'est due, puisqu'il n'y a pas de préavis à compenser. Cependant, il est extrêmement courant de négocier le versement d'une indemnité de départ dans la convention de rupture. Son montant est totalement libre et ne dépend que du rapport de force et des concessions de chacun.

Le cas spécifique des ouvriers engagés avant 2014 et le rôle de l'ONEM

Ce dossier est un classique pour les RH qui gèrent des travailleurs avec une longue ancienneté. La réforme du statut unique a considérablement allongé les délais de préavis des ouvriers, créant un vrai décalage avec l'ancien système. Pour lisser cet écart, une mesure transitoire a été mise en place via l'Office National de l'Emploi (ONEM).

En bref, l'indemnité en compensation du licenciement, gérée par l'ONEM, vient combler la différence entre les anciens et les nouveaux régimes de préavis pour les contrats d'avant 2014. Par exemple, un ouvrier avec 17 ans d'ancienneté au moment de la réforme pouvait voir son préavis passer de 147 jours à 378 jours. L'ONEM versait alors une indemnité pour compenser les 231 jours de différence. Ce mécanisme a touché des milliers de travailleurs, avec un pic de 150 000 bénéficiaires en 2015, avant de s'éteindre petit à petit.

Pour plus de détails, vous pouvez consulter les informations sur l'indemnité en compensation du licenciement sur le site de l'ONEM.

Le traitement fiscal et social des indemnités

Une fois que le montant des indemnités de licenciement est calculé et validé, une autre étape tout aussi importante s'engage : leur traitement en paie. C'est un moment délicat. La moindre petite erreur peut coûter cher, aussi bien à l'employé qu'à l'entreprise. Il est donc indispensable de bien comprendre la différence fiscale et sociale entre les indemnités pour garantir une paie juste et conforme.

La règle d'or ? Ne jamais tout mettre dans le même sac. Chaque indemnité a sa propre nature, et c'est cette nature qui dicte son traitement. La question fondamentale à se poser est simple : est-ce que cette somme vient compenser une perte de salaire classique, ou est-ce qu'elle répare un préjudice ? La réponse change tout.

L'indemnité compensatoire de préavis : un salaire différé

L'indemnité la plus courante est celle qui remplace un préavis que le travailleur n'a pas presté. Pour l'administration fiscale et la sécurité sociale, c'est tout simplement une continuation du salaire. La logique est limpide : si le travailleur avait été présent durant son préavis, il aurait touché son salaire, payé ses cotisations et son impôt.

Du coup, cette indemnité est traitée exactement de la même façon.

  • Soumission aux cotisations ONSS : Elle est vue comme une rémunération brute. Elle est donc soumise intégralement aux cotisations sociales, tant patronales que personnelles.
  • Imposition au précompte professionnel : Une fois les cotisations ONSS déduites, le montant est soumis au précompte professionnel, comme n'importe quel salaire mensuel.

Très concrètement, l'indemnité compensatoire de préavis s'intègre directement dans le calcul de la paie. Pour une gestion sans accroc, il est crucial de bien maîtriser comment structurer une fiche de paie en Belgique.

Cette qualification de "salaire" a une conséquence directe pour le travailleur : la période couverte par l'indemnité est assimilée à du temps de travail. Il continue donc à accumuler des droits sociaux, comme ses droits à la pension, pendant toute cette durée.

Les indemnités exonérées : un régime fiscal bien plus doux

À l'inverse, d'autres indemnités ne sont pas du tout considérées comme de la rémunération. C'est le cas lorsqu'elles servent à réparer un dommage – qu'il soit matériel ou moral – ou quand elles sont prévues par une convention collective de travail (CCT).

Ces sommes profitent alors d'un traitement beaucoup plus avantageux sur le plan fiscal et social.

  • Exonération de cotisations ONSS : Si l'indemnité ne représente pas la contrepartie d'un travail, elle n'est pas soumise aux cotisations de sécurité sociale.
  • Imposition à un taux distinct : Fiscalement, ces indemnités sont souvent taxées à un taux d'imposition distinct. En général, ce taux correspond au taux moyen d'imposition de la dernière année où le travailleur a perçu des revenus normaux. C'est souvent plus intéressant que le taux marginal qui frappe les tranches les plus élevées du salaire.

Voici quelques exemples courants d'indemnités qui bénéficient de ce régime plus clément :

  • L'indemnité transactionnelle versée pour compenser un préjudice moral.
  • L'indemnité d'éviction, prévue dans certains statuts particuliers (comme pour les représentants de commerce).
  • L'indemnité en cas de licenciement manifestement déraisonnable.

L'importance d'une ventilation claire et d'outils adaptés

Là où ça se complique, c'est qu'un accord de départ peut mixer plusieurs types d'indemnités. Par exemple, une transaction peut inclure une partie "compensatoire de préavis" et une autre partie "pour solde de tout compte" qui vise à réparer un préjudice.

Dans ce scénario, une ventilation précise dans la convention de rupture est absolument essentielle. Chaque montant doit être clairement attribué à sa cause. Sans cette distinction, l'administration fiscale pourrait requalifier la totalité de la somme en salaire et appliquer le régime le plus lourd. Pas vraiment une bonne nouvelle.

C'est précisément là que les outils RH modernes deviennent un allié de poids. Un logiciel de paie bien paramétré ou une solution RH intégrée comme Shyfter peut automatiser cette ventilation complexe. En configurant correctement la nature de chaque indemnité, le système applique automatiquement les bons taux de cotisations et de précompte. Le processus est sécurisé et vous évite de coûteux redressements par la suite.

Modernisez votre gestion des fins de contrat

Gestion des données personnelles : profil, calendrier, calculatrice et stockage sécurisé.

Passer de la théorie juridique complexe des indemnités de licenciement à une pratique RH efficace et sans accroc, voilà le véritable défi. On le sait tous, gérer manuellement une fin de contrat est non seulement chronophage, mais c'est aussi une porte ouverte à des erreurs qui peuvent coûter très cher.

C'est précisément là que la digitalisation entre en jeu et change complètement la donne. Elle transforme ce qui était un casse-tête administratif en une procédure fluide et bien plus sûre. L'idée n'est plus seulement d'éviter les erreurs de calcul ; il s'agit de gagner en sérénité et en efficacité au quotidien.

Imaginez une solution RH moderne comme le véritable cerveau de vos données collaborateurs. Toutes les informations clés, qui étaient autrefois éparpillées, se retrouvent centralisées en un seul endroit sécurisé.

  • Dates d'entrée et ancienneté : Calculées au jour près, automatiquement. Fini les approximations.
  • Historique des contrats : Le suivi des avenants et des changements de statut devient limpide.
  • Données salariales complètes : Tous les avantages sont intégrés pour garantir une base de calcul juste et incontestable.

Cette centralisation assure que chaque estimation d'indemnité s'appuie sur des informations fiables et à jour. On élimine ainsi les oublis et les estimations hasardeuses.

L'automatisation au service de la précision

Le plus grand atout de la digitalisation, c'est sans conteste l'automatisation des calculs. Un logiciel RH bien conçu intègre les règles légales et conventionnelles pour générer des estimations précises en seulement quelques clics.

L'automatisation ne remplace pas l'expertise RH, elle la décuple. En se libérant des tâches répétitives et sans grande valeur ajoutée, les équipes peuvent enfin se concentrer sur ce qui compte vraiment : l'accompagnement humain des collaborateurs sur le départ.

Le bénéfice est double. D'un côté, les équipes RH gagnent un temps précieux et réduisent drastiquement le risque d'erreurs de paie. De l'autre, l'entreprise obtient une vision claire et instantanée des coûts liés à chaque départ, ce qui facilite grandement la prise de décision stratégique.

Les licenciements collectifs, dont le nombre a fortement augmenté en Belgique durant la crise de 2008-2011, sont d'ailleurs très encadrés. En Belgique, l'indemnité pour un licenciement jugé « manifestement déraisonnable » peut atteindre entre 3 et 17 semaines de salaire. Pour des secteurs comme l'Horeca, où 20 % des restructurations ont eu lieu entre 2010 et 2020, automatiser les processus RH peut réduire les risques légaux de 40 %. Pour en savoir plus, n'hésitez pas à consulter les rapports du Conseil Supérieur de l'Emploi.

La dernière pièce du puzzle ? Une intégration parfaite avec votre secrétariat social. Un bon logiciel de gestion des ressources humaines assure un transfert de données sans couture, garantissant que les bonnes informations sont transmises pour l'établissement de la paie finale.

Un peu de concret : réponses à vos questions les plus fréquentes

La théorie, c'est bien. Mais la pratique soulève toujours son lot de questions spécifiques. Abordons ensemble les interrogations qui reviennent le plus souvent sur le bureau des responsables RH concernant les indemnités de licenciement.

Un employé en CDD peut-il y prétendre ?

La règle de base est simple : un contrat à durée déterminée (CDD) s'arrête de lui-même à la date convenue. Pas de rupture, donc pas d'indemnité. Mais les choses se compliquent si vous, en tant qu'employeur, décidez de rompre ce contrat avant son terme, sans pouvoir invoquer une faute grave.

Dans ce cas précis, l'indemnité n'est pas une option, c'est une obligation. Et son montant est conséquent : il correspond à la totalité des salaires que le collaborateur aurait touchés s'il avait pu aller jusqu'au bout de son contrat.

Attention toutefois, il y a un garde-fou. Cette indemnité ne peut pas dépasser le double de ce qu'aurait coûté l'indemnité de préavis si le contrat avait été un CDI.

Comment calculer l'ancienneté si un collaborateur a enchaîné les contrats ?

L'ancienneté, c'est la pierre angulaire de tout calcul d'indemnité. Sa détermination doit être impeccable, surtout face à un parcours fait de contrats successifs. Le principe est clair : on prend en compte la toute première date d'entrée en service et on calcule l'ancienneté sans interruption, à condition qu'il n'y ait pas eu de coupure significative entre les contrats.

Un exemple très courant : un employé qui passe d'un CDD à un CDI sans un seul jour d'interruption. Son ancienneté démarre bien au premier jour de son CDD. Cela souligne l'importance d'une gestion de dossiers du personnel méticuleuse pour éviter toute contestation.

Que se passe-t-il pour l'indemnité si l'entreprise fait faillite ?

La faillite est un scénario redouté, mais heureusement, les droits des travailleurs sont protégés. L'indemnité de licenciement est ce qu'on appelle une créance privilégiée. Concrètement, cela veut dire qu'elle doit être payée en priorité sur les autres dettes de l'entreprise lors de la liquidation.

Et si les fonds de l'entreprise ne suffisent pas ? C'est là qu'intervient le Fonds de Fermeture des Entreprises (FFE). Cet organisme public prend le relais pour garantir le paiement des salaires et des indemnités dus aux employés licenciés dans ce contexte, même si des plafonds s'appliquent.

Peut-on cumuler l'indemnité avec les allocations de chômage ?

La réponse est un non catégorique. Il faut voir l'indemnité compensatoire de préavis pour ce qu'elle est : un revenu de remplacement. Elle compense le salaire que le travailleur aurait perçu s'il avait pu prester son préavis.

Pendant toute la période que cette indemnité couvre, la personne n'est donc pas considérée comme un chômeur involontaire. Elle ne pourra s'inscrire à l'ONEM et prétendre à des allocations qu'une fois cette période écoulée. Si une indemnité couvre 12 semaines, il faudra attendre la fin de ces 12 semaines avant de pouvoir ouvrir ses droits au chômage.

Prêt à révolutionner votre gestion des plannings ?

Shyfter est bien plus qu’un simple outil de planification — c’est une solution complète de gestion du personnel, conçue pour vous faire gagner du temps, réduire le stress et satisfaire à la fois les employeurs et les employés.